- C'est une cotisation patronale mensuelle due à l'ONSS pour tout véhicule de société utilisable à des fins privées. Elle est distincte de l'ATN : l'employeur paie les deux.
- Le montant de base dépend des émissions de CO2 et du carburant, puis est indexé pour 2026 par le coefficient 185,85 / 114,08.
- Pour un véhicule émetteur commandé ou pris en leasing à partir du 1er juillet 2023, le résultat est encore multiplié par 4,00 en 2026, contre 2,75 en 2025 et 5,50 en 2027-2028.
- Le minimum mensuel 2026 est de 33,93 € (véhicule commandé avant le 1er juillet 2023) ou 42,34 € (à partir de cette date). Un électrique paie ce minimum, et rien de plus.
- La participation financière du travailleur ne réduit pas la cotisation, contrairement à ce qui vaut pour l'ATN fiscal.
— 01Une cotisation patronale, pas un impôt du travailleur
Dès qu'un employeur met un véhicule à disposition d'un travailleur et que celui-ci peut l'utiliser autrement que pour de purs déplacements professionnels — trajets domicile-travail compris —, une cotisation mensuelle est due à l'ONSS. On l'appelle cotisation CO2 de solidarité, ou cotisation de solidarité tout court.
Le point qui crée le plus de confusion dans les entreprises est le suivant : cette cotisation n'a rien à voir avec l'avantage de toute nature (ATN). L'ATN est un mécanisme fiscal, il gonfle la base imposable du travailleur et se voit sur sa fiche de paie. La cotisation de solidarité est une charge sociale et patronale : elle sort de la trésorerie de l'entreprise, trimestre après trimestre, et le travailleur ne la voit jamais.
— 02Les formules de calcul
Le calcul part des émissions de CO2 du véhicule, notées Y et exprimées en grammes par kilomètre, telles qu'elles figurent au certificat de conformité ou à la DIV. La formule diffère selon le carburant, et donne un montant de base mensuel.
| Carburant | Formule mensuelle de base |
|---|---|
| Essence | [(Y × 9) − 768] / 12 |
| Diesel | [(Y × 9) − 600] / 12 |
| LPG, CNG, méthane | [(Y × 9) − 990] / 12 |
| Électrique | 20,83 € forfaitaire |
Ce montant de base est ensuite indexé. Pour 2026, on le multiplie par le coefficient 185,85 / 114,08, soit environ 1,629.
Cotisation mensuelle = Montant de base × 185,85 / 114,08 × Facteur multiplicateur
Le résultat est comparé au minimum mensuel, et c'est le plus élevé des deux qui est dû.
Deux exemples de base
Prenons une essence à 182 g/km et un diesel à 165 g/km, avant tout facteur multiplicateur :
| Véhicule | Base | Après indexation 2026 |
|---|---|---|
| Essence, 182 g/km | [(182 × 9) − 768] / 12 | 118,11 €/mois |
| Diesel, 165 g/km | [(165 × 9) − 600] / 12 | 120,15 €/mois |
| Diesel, 151 g/km | [(151 × 9) − 600] / 12 | 103,04 €/mois |
Ces montants sont ceux d'un véhicule ancien, c'est-à-dire commandé avant le 1er juillet 2023. Pour tout ce qui a été commandé après, il faut encore appliquer le facteur multiplicateur — et c'est là que la facture change de nature.
Quand les émissions ne sont pas connues
Si le taux d'émission n'est pas disponible, l'ONSS ne vous laisse pas le choix : il retient d'office 182 g/km pour un véhicule essence et 165 g/km pour un diesel. Ce sont des valeurs punitives — nettement au-dessus de ce qu'émet un modèle récent. Vérifier et transmettre la donnée réelle du certificat de conformité est un réflexe qui se paie tout seul.
— 03Le facteur multiplicateur, le vrai sujet
Depuis le verdissement de la fiscalité automobile, tout véhicule émetteur de CO2 commandé, acheté ou pris en leasing à partir du 1er juillet 2023 voit sa cotisation multipliée par un facteur qui augmente chaque année.
| Année | Facteur multiplicateur |
|---|---|
| 2023 et 2024 | 2,25 |
| 2025 | 2,75 |
| 2026 | 4,00 |
| 2027 et 2028 | 5,50 |
Deux limites importantes : ce facteur ne s'applique jamais aux véhicules électriques, et il ne s'applique jamais au montant minimum. Un véhicule dont le calcul indexé tombe sous le plancher paie le plancher, sans multiplication.
Exemple : une essence à 120 g/km commandée en 2024
Le calcul complet, étape par étape :
| Étape | Résultat |
|---|---|
| Base : [(120 × 9) − 768] / 12 | 26,00 € |
| Indexation 2026 : × 185,85 / 114,08 | 42,357 € |
| Facteur multiplicateur 2026 : × 4,00 | 169,43 € |
| Cotisation mensuelle 2026 | 169,43 € |
| Sur l'année | ≈ 2 033 € |
La ligne d'indexation est volontairement affichée avec trois décimales : l'arrondi ne se fait qu'à la toute fin. Arrondir à 42,36 € avant de multiplier par 4 donnerait 169,44 €, soit un centime de trop.
Ce même véhicule, sans changer d'un gramme d'émission ni d'un kilomètre parcouru, ne coûte pas la même chose d'une année à l'autre :
| Année | Facteur | Par mois | Par an |
|---|---|---|---|
| 2025 | 2,75 | ≈ 116 € | ≈ 1 398 € |
| 2026 | 4,00 | 169,43 € | ≈ 2 033 € |
| 2027 et 2028 | 5,50 | ≈ 233 € | ≈ 2 795 € |
Autrement dit : de 2025 à 2027, la cotisation double, à véhicule inchangé. Sur une flotte de vingt thermiques comparables, l'écart entre 2025 et 2027 approche 28 000 € par an. C'est une dérive budgétaire silencieuse, parce qu'elle ne se déclenche par aucune décision de l'entreprise : elle arrive toute seule au 1er janvier.
— 04Le montant minimum
Quel que soit le résultat de la formule, une cotisation plancher reste due. Elle dépend de la date de commande du véhicule.
| Véhicule | Base légale | Minimum mensuel 2026 |
|---|---|---|
| Commandé avant le 1er juillet 2023 | 20,83 € | 33,93 € |
| Commandé à partir du 1er juillet 2023 | 25,99 € | 42,34 € |
Les bases légales sont elles-mêmes relevées : celle des véhicules « post-juillet 2023 » passe à 28,57 € en 2027 puis 31,15 € en 2028, avant indexation. Le plancher monte donc aussi, mais dans des proportions sans commune mesure avec le facteur multiplicateur.
— 05Les cas particuliers qui coûtent cher
Aucun prorata : un mois entamé est un mois dû
La cotisation n'est pas proratisée. Un véhicule mis à disposition le 28 du mois génère la cotisation du mois complet, exactement comme s'il avait été disponible du 1er au 31. Concrètement, livrer une voiture le dernier jour ouvrable d'un mois plutôt que le premier jour du suivant coûte un mois de cotisation pour rien.
Quand un véhicule en remplace un autre en cours de mois, l'ONSS ne facture pas les deux : on retient celui qui a été le plus utilisé sur le mois concerné.
La participation du travailleur ne réduit rien
C'est la confusion la plus fréquente, et elle vient de l'ATN. En fiscalité, quand le travailleur paie une contribution personnelle pour sa voiture de société, cette contribution se déduit de l'avantage imposable. Le réflexe est donc de supposer qu'il en va de même côté ONSS.
Ce n'est pas le cas. La cotisation CO2 reste due en totalité, quelle que soit la participation financière du travailleur. Une politique de flotte qui fait contribuer les salariés pour un modèle plus haut de gamme allège l'ATN, mais ne change pas d'un centime la charge patronale ONSS.
Hybrides, y compris rechargeables
Pour un véhicule hybride, l'ONSS retient les émissions du moteur thermique. Une conséquence directe : un hybride rechargeable essence homologué à 22 g/km produit un résultat de formule négatif, donc inférieur au plancher — il paie simplement le minimum. L'ONSS cite lui-même ce cas dans ses instructions.
Bicarburant essence / LPG
Un véhicule bicarburant essence-LPG relève de la formule essence. La formule LPG, plus favorable, ne s'applique que si le gaz est le carburant exclusif du véhicule. Classer un bicarburant en LPG est une erreur de déclaration qui se rattrape avec intérêts.
— 06Déclaration et paiement
La cotisation se déclare en DmfA, sous le code travailleur 862, et se paie avec les autres cotisations du trimestre. Elle est due par véhicule et par mois de mise à disposition, ce qui suppose de tenir à jour, pour chaque voiture, la date de commande, le carburant, le taux d'émission et les périodes exactes de mise à disposition.
C'est un travail de données autant que de paie. La date de commande, en particulier, détermine à la fois le facteur multiplicateur et le montant minimum applicables : si elle n'est pas documentée au contrat de leasing, elle sera difficile à défendre lors d'un contrôle.
— 07Ce que ça change pour une flotte
Un employeur qui renouvelle sa flotte n'arbitre pas seulement entre un loyer de leasing thermique et un loyer électrique. Il arbitre aussi entre deux trajectoires de charge sociale.
- Un thermique commandé après juillet 2023 entre dans une série croissante : 2,75 en 2025, 4,00 en 2026, 5,50 en 2027 et 2028. La charge augmente chaque année sans qu'aucune décision ne soit prise.
- Un électrique reste au minimum mensuel, quel que soit son prix catalogue, sa puissance ou son autonomie. Sa cotisation ne bouge qu'avec l'indexation et le relèvement légal des bases.
Pour un dirigeant de PME, la question opérationnelle n'est donc pas « combien coûte cette voiture ce mois-ci » mais « combien coûtera-t-elle sur la durée du contrat ». Sur un leasing de 48 mois signé en 2026, la cotisation de solidarité change de barème deux fois en cours de route.
— 08Sources
- ONSS, Instructions administratives : la cotisation de solidarité pour les véhicules de société
- ONSS, Instructions administratives aux employeurs (édition en vigueur)
- SPF Finances : avantages de toute nature, voiture de société
- SPF Emploi : rémunération et avantages
— 09Articles connexes
- Les avantages de toute nature (ATN)
- Calculateur ATN voiture de société
- Le coût employeur en Belgique
- Le package salarial en Belgique
- Les réductions de cotisations patronales