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Guide · Belgique Lecture · 10 min Mis à jour le 11 août 2026

Les droits d'auteur en Belgique

Une fiscalité avantageuse à 15 % de précompte libératoire pour rémunérer vos créations intellectuelles. Plafonds, conditions et optimisation légale en 2026.

À retenir
Droits d'auteur 2026 en 6 chiffres
  • Précompte mobilier libératoire : 15 % au lieu de l'IPP progressif (jusqu'à 50 %) + ONSS (13,07 %)
  • Frais forfaitaires (uniquement avec attestation du travail des arts ordinaire ou plus) : 50 % sur la 1ère tranche (0-20 590 €), 25 % sur la 2e (20 590-41 180 €)
  • Plafond annuel 2026 : 77 220 € bruts — au-delà, tout bascule en régime IPP classique
  • Secteur IT : exclu du régime de 2023 à 2025. La réintégration annoncée pour les revenus 2026 repose sur un projet de loi pas encore publié au Moniteur (voir section 02)
  • Salaire mixte type 60 k brut + 20 k droits d'auteur : gain net annuel ≈ +9 700 € avec attestation du travail des arts, ≈ +8 200 € sans attestation
  • Sur 1 000 € de droits d'auteur (1ère tranche, avec attestation) : 925 € net (soit +52 % vs salaire classique)

— 01Pourquoi 15 % change tout

Les droits d'auteur permettent de rémunérer la cession de droits patrimoniaux sur une œuvre originale avec une fiscalité très avantageuse : un précompte mobilier libératoire de 15 %, bien inférieur aux cotisations ONSS (13,07 %) et au précompte professionnel progressif (25 % à 50 %).

Cette option est légale et encadrée par la loi belge, mais sa portée a été nettement resserrée par la réforme du 26 décembre 2022 (entrée en vigueur 1er janvier 2023). Le régime reste applicable et avantageux pour les créateurs d'œuvres originales. Le cas des développeurs IT, lui, n'est pas tranché : leur réintégration est annoncée pour les revenus 2026 mais n'a pas encore de texte publié, et la section 02 détaille où en est exactement le dossier.

— 02La réforme du régime droits d'auteur (2023)

La loi-programme du 26 décembre 2022 a profondément réformé le régime fiscal des droits d'auteur, applicable aux revenus perçus à partir du 1er janvier 2023. L'objectif : recentrer le régime sur les vrais artistes/créateurs et limiter les abus, en particulier dans le secteur IT.

Ce qui a changé en 2023

  • Définition restrictive : œuvre littéraire ou artistique originale au sens du Code de droit économique
  • Cession de droits formellement contractualisée et exercée commercialement
  • Plafond du ratio salaire / droits d'auteur : maximum 30 % de droits d'auteur sur la rémunération totale (depuis les revenus 2025)
  • Exclusion des programmes d'ordinateur depuis les revenus 2023 : une réintégration est annoncée pour les revenus 2026, mais elle n'est pas encore en vigueur (voir l'état du dossier ci-dessous)
  • Période transitoire sur le rapport droits d'auteur / rémunération totale : maximum 50 % pour les revenus 2023 et 40 % pour les revenus 2024 ; le plafond de croisière de 30 % s'applique depuis les revenus 2025.

Ce qui reste avantageux

  • Précompte mobilier libératoire de 15 % inchangé
  • Frais forfaitaires 50 % / 25 % conservés (avec attestation)
  • Plafond annuel revalorisé à 77 220 € en 2026
  • Régime accessible aux artistes, journalistes, photographes, vidéastes, designers, architectes, musiciens
  • Les œuvres non logicielles produites par un profil technique (documentation substantielle, formation, création graphique, musique) n'ont jamais été touchées par l'exclusion des programmes d'ordinateur
Attention
État du dossier IT au 11 août 2026 : rien n'est encore publié

Beaucoup d'articles présentent la réouverture du régime aux développeurs comme acquise. Elle ne l'est pas encore. Voici la chronologie exacte.

  • 26 décembre 2022 — la loi-programme exclut les programmes d'ordinateur du régime, à partir des revenus 2023.
  • 16 mai 2024 — la Cour constitutionnelle rejette les recours introduits par le secteur informatique et conclut à l'absence de violation du principe d'égalité. L'exclusion reste donc valable.
  • 17 décembre 2025 — un projet de loi prévoyant la réintégration des programmes d'ordinateur à partir des revenus 2026 est déposé.
  • Aujourd'hui — ce texte n'a pas été publié au Moniteur belge, et l'administration n'a pas diffusé de circulaire précisant comment elle traitera les dossiers.

Tant que la publication n'a pas eu lieu, la réintégration est une intention législative, pas du droit applicable. Le périmètre, les conditions de cession et la date d'entrée en vigueur peuvent encore bouger. Mettre en place un montage droits d'auteur sur cette seule base expose à une requalification, avec rappel de précompte et de cotisations, majorations comprises, et le risque porte aussi sur l'employeur.

— 03Qu'est-ce que la rémunération en droits d'auteur ?

Définition légale (réforme 2023)

Les droits d'auteur rémunèrent la cession ou la concession des droits patrimoniaux sur une œuvre littéraire ou artistique originale, telle que définie par le Livre XI du Code de droit économique. L'œuvre doit présenter une originalité et un caractère créatif marqués.

Qui peut bénéficier des droits d'auteur ?

Métiers éligibles (avec œuvre originale)

  • Artistes : musiciens, compositeurs, plasticiens, sculpteurs
  • Auteurs et journalistes : rédacteurs presse, scénaristes, romanciers
  • Photographes / vidéastes avec cession des droits d'exploitation
  • Designers graphiques et UX/UI (créations originales)
  • Architectes (plans, esquisses)
  • Développeurs IT : suspendu au texte de réintégration. Les programmes d'ordinateur sont exclus depuis les revenus 2023 et le retour annoncé pour 2026 n'est pas encore publié (section 09)
  • Créateurs de contenus numériques originaux (chaînes vidéo, podcasts, formations)

Non éligibles depuis la réforme 2023

  • Travail purement exécutif (pas créatif)
  • Tâches administratives ou de support
  • Consulting / conseil sans création d'œuvre
  • Gestion de projet sans production de livrable original
  • Code IT « banal » ou paramétrage sans création originale
  • Maintenance applicative sans nouvelle œuvre
  • Travaux techniques répétitifs
Attention
Conditions essentielles depuis 2023

Vous devez (1) créer une œuvre originale protégeable par le droit d'auteur, (2) céder ou concéder formellement vos droits patrimoniaux à un tiers (employeur ou client) via un contrat écrit, et (3) la part droits d'auteur ne doit pas dépasser 30 % de votre rémunération totale (régime de croisière applicable depuis les revenus 2025). En cas de contrôle fiscal, vous devez documenter la nature créative de votre travail et la cession effective.

— 04Fiscalité : précompte libératoire de 15 %

La rémunération en droits d'auteur n'est pas soumise aux cotisations ONSS (13,07 %) ni au précompte professionnel progressif, mais à un précompte mobilier libératoire de 15 %, calculé sur le revenu net de frais forfaitaires.

Attention : l'exonération ONSS est conditionnelle et ne suit pas automatiquement l'exonération fiscale. La réintégration annoncée des programmes d'ordinateur porte sur le volet fiscal seulement : l'exonération de cotisations ONSS n'est pas rétablie pour eux. Même le jour où le texte sera publié, l'avantage pour un développeur sera donc plus étroit qu'avant 2023. Hors logiciel, l'exonération ONSS reste soumise à ses propres conditions (dont le rapport 30/70) et n'est jamais automatique.

Comparaison : 1 000 € en salaire vs droits d'auteur (1ère tranche)

Salaire classique : 1 000 €

  • Montant brut : 1 000,00 €
  • Cotisations ONSS (13,07 %) : − 130,70 €
  • Précompte professionnel (≈ 30 %) : − 260,00 €
  • Net approximatif : ≈ 610 €

Droits d'auteur : 1 000 €

  • Montant brut : 1 000,00 €
  • Frais forfaitaires (50 %) : − 500,00 €
  • Base imposable : 500,00 €
  • Précompte mobilier (15 %) : − 75,00 €
  • Net : 925 €
À retenir
Gain net : 315 € sur 1 000 € (soit +52 %)

— 05Frais forfaitaires par tranches (2026)

L'administration fiscale belge reconnaît que les créateurs ont des frais professionnels. Ces frais sont calculés forfaitairement selon des tranches dégressives, indexées chaque année.

Depuis l'année de revenus 2026, ces frais forfaitaires ne sont plus accessibles qu'aux titulaires d'une attestation du travail des arts « ordinaire » ou « plus », et uniquement pour les revenus relevant des activités couvertes par cette attestation. Une attestation « débutant » ne suffit pas. Sans attestation, le précompte de 15 % s'applique sur le montant brut intégral.

Tranche de revenus annuelsTaux de frais forfaitaires
0 € - 20 590 €50 %
20 590 € - 41 180 €25 %
Au-dessus de 41 180 €0 % (pas de frais supplémentaires)
01

Calcul des frais : revenu annuel de 30 000 €

Les frais se calculent par tranches cumulées.

Formule Frais = (Tranche 1 × 50 %) + (Tranche 2 × 25 %)
Exemple Revenus : 30 000 € annuels→ Frais : (20 590 € × 50 %) + (9 410 € × 25 %) = 10 295 € + 2 352,50 € = 12 647,50 €
Impact des frais forfaitaires

Ces frais réduisent votre base imposable. Plus vos revenus sont élevés (jusqu'au plafond), plus les frais forfaitaires en euros absolus sont importants, mais leur pourcentage diminue.

— 06Tableau d'optimisation par tranche

Voici l'effet net d'une rémunération en droits d'auteur selon le montant annuel perçu (avec une attestation du travail des arts ordinaire ou plus, frais forfaitaires appliqués) :

Brut DA annuelFrais forfaitairesBase imposablePrécompte 15 %Net DA
5 000 €2 500 €2 500 €375 €≈ 4 625 €
10 000 €5 000 €5 000 €750 €≈ 9 250 €
20 000 €10 000 €10 000 €1 500 €≈ 18 500 €
30 000 €12 648 €17 353 €2 603 €≈ 27 397 €
40 000 €15 148 €24 853 €3 728 €≈ 36 272 €
60 000 €15 443 €44 558 €6 684 €≈ 53 316 €
77 220 € (plafond)15 443 €61 778 €9 267 €≈ 67 953 €

Sans attestation, le précompte de 15 % porte sur le brut intégral : le net vaut 85 % du brut (20 000 € bruts → 17 000 € nets).

À comparer avec le net qu'aurait donné le même montant en salaire classique (≈ 60 % du brut).

— 07Attestation du travail des arts

Depuis l'année de revenus 2026, les frais forfaitaires ne sont plus accessibles qu'aux titulaires d'une attestation du travail des arts « ordinaire » ou « plus » délivrée par la Commission du travail des arts, et uniquement pour les revenus provenant des activités couvertes par cette attestation. Une attestation « débutant » ne suffit pas. Jusqu'aux revenus 2025, le forfait s'appliquait sans cette condition : l'attestation n'était alors que l'une des deux voies d'accès au régime lui-même, l'autre étant la cession ou concession des droits à un tiers en vue de la communication au public, de l'exécution publique ou de la reproduction.

Avec attestation

Vous bénéficiez du régime complet :

  • Frais forfaitaires par tranches (50 %, 25 %, 0 %)
  • Précompte mobilier de 15 % sur le revenu net des frais
  • Optimisation fiscale maximale

Exemple : 1 000 € de droits d'auteur

  • Montant brut : 1 000 €
  • Frais forfaitaires (50 %) : − 500 €
  • Base imposable : 500 €
  • Précompte (15 %) : − 75 €
  • Net : 925 €

Sans attestation

Régime réduit :

  • Pas de frais forfaitaires déductibles
  • Précompte mobilier de 15 % sur le montant total
  • Avantage fiscal réduit

Exemple : 1 000 € de droits d'auteur

  • Montant brut : 1 000 €
  • Frais forfaitaires : 0 €
  • Base imposable : 1 000 €
  • Précompte (15 %) : − 150 €
  • Net : 850 €
Comment obtenir l'attestation ?

L'attestation du travail des arts est délivrée par la Commission du travail des arts. Elle reconnaît votre statut d'artiste professionnel et donne accès à plusieurs avantages sociaux et fiscaux.

Pour plus d'informations et faire une demande, consultez le site officiel : www.workinginthearts.be

À retenir
Impact sur votre net

Avec l'attestation, vous gagnez 75 € de plus par tranche de 1 000 € de droits d'auteur (925 € vs 850 € net). Sur une année avec 6 000 € de droits d'auteur, cela représente 450 € d'économie !

— 08Plafond annuel 2026

Attention
Plafond strict : 77 220 € par an

Au-delà de 77 220 € de droits d'auteur par an (équivalent IPP), le régime avantageux ne s'applique plus pour la part excédentaire. Si vous dépassez systématiquement, l'administration peut requalifier l'ensemble en revenus professionnels.

Cela représente environ 6 435 € par mois maximum en droits d'auteur. Le plafond est indexé chaque année.

Second plafond, souvent oublié : la moyenne de vos revenus bruts de droits d'auteur sur les quatre périodes imposables antérieures ne peut pas non plus dépasser le même plafond indexé (77 220 € pour les revenus 2026). Si cette moyenne est dépassée, l'intégralité des revenus de l'année bascule en revenus professionnels, même si le plafond de l'année en cours est respecté.

Attention
Attention au dépassement

Si vous dépassez le plafond, la part excédentaire bascule en revenus professionnels (IPP progressif + cotisations). Pire : un dépassement systématique peut entraîner la requalification complète de vos droits d'auteur en salaire classique. Surveillez vos montants !

— 09Droits d'auteur dans l'IT : où en est-on ?

C'est la question la plus posée sur ce sujet, et la réponse honnête est : pas encore. Les programmes d'ordinateur sont exclus du régime depuis les revenus 2023, la Cour constitutionnelle a validé cette exclusion le 16 mai 2024, et le projet de loi du 17 décembre 2025 qui prévoit leur réintégration à partir des revenus 2026 n'a pas encore été publié au Moniteur belge.

Concrètement, tant que la publication n'a pas eu lieu, un développeur qui perçoit aujourd'hui une partie de sa rémunération en droits d'auteur au titre de son code s'expose à une requalification. Ce n'est pas un risque théorique : la requalification entraîne un rappel de précompte professionnel et de cotisations sur les montants concernés, avec majorations, et l'employeur qui a organisé le versement est concerné au même titre.

Ce qui reste possible sans attendre : les œuvres d'un profil technique qui ne sont pas des programmes d'ordinateur. Une documentation substantielle, un support de formation, une création graphique ou une musique originale n'ont jamais été visées par l'exclusion et relèvent des conditions générales du régime.

Et le jour où le texte sortira, l'avantage sera plus étroit qu'avant 2023. L'exonération de cotisations ONSS n'est pas rétablie pour les programmes d'ordinateur. Sans attestation du travail des arts, il n'y a pas de frais forfaitaires et le précompte de 15 % porte sur le brut intégral. Les conditions générales continuent de s'appliquer : œuvre réellement originale, cession écrite, maximum 30 % de la rémunération totale.

Cas qui entreraient dans le champ une fois le texte publié

  • Développeur d'un moteur de jeu propriétaire
  • Architecte d'un framework ou d'une bibliothèque open-source originale
  • Concepteur d'algorithmes ou de modèles ML inédits
  • Designer UX/UI créant des interfaces originales
  • Auteur de documentation technique substantielle (livre, formation)
  • Compositeur de musique pour jeu vidéo

Cas qui resteront hors du régime

  • Configuration d'outils SaaS / no-code
  • Consulting technique sans livrable créatif
  • Maintenance applicative sans création d'œuvre nouvelle
Attention
Documentation IT obligatoire

Le jour où le régime rouvrira, la charge de la preuve restera sur vous. Documentez dès maintenant, pour les œuvres déjà éligibles comme pour celles qui le deviendront : (1) la nature originale de chaque œuvre, (2) le contrat de cession de droits patrimoniaux, (3) la part droits d'auteur ne dépassant pas 30 % de la rémunération totale, (4) un registre des œuvres créées et des supports cédés (repo Git, livrables, démo).

— 10Salaire mixte : combien gagner avec les droits d'auteur ?

La rémunération mixte (salaire classique + droits d'auteur) reste l'usage majoritaire. Voici un exemple chiffré pour une rémunération annuelle totale de 80 000 €.

Exemple : 60 000 € salaire + 20 000 € droits d'auteur (par an)

Option A : 100 % salaire (80 000 € brut/an)

  • Brut annuel : 80 000 €
  • Cotisations ONSS (13,07 %) : − 10 456 €
  • Précompte professionnel (≈ 38 % du brut imposable) : − 26 427 €
  • Net annuel : ≈ 43 117 €

Option B : 60 000 € salaire + 20 000 € droits d'auteur

Salaire brut : 60 000 €

  • → Cotisations + précompte : − 25 700 €
  • → Net salaire : ≈ 34 300 €

Droits d'auteur : 20 000 €

  • → Frais forfaitaires (50 %, les 20 000 € restant sous la 1ère tranche de 20 590 €) : − 10 000 €
  • → Base imposable : 10 000 €
  • → Précompte 15 % : − 1 500 €
  • → Net droits d'auteur : ≈ 18 500 €

Net total annuel : ≈ 52 800 €

À retenir
Gain net annuel : ≈ +9 683 € (soit +22 %) avec attestation du travail des arts

Sans attestation, les 20 000 € donnent 17 000 € nets (précompte de 15 % sur le brut intégral), soit un net total de 51 300 € et un gain de ≈ +8 183 €.

À condition de respecter le plafond 30 % et la nature créative du travail.

Astuce
Optimisation recommandée

Depuis 2023, la part droits d'auteur ne peut excéder 30 % de votre rémunération totale (régime de croisière applicable depuis les revenus 2025). Cela protège vos droits sociaux (pension, chômage, maladie) tout en optimisant votre fiscalité. Consultez un expert-comptable pour valider votre éligibilité avant tout passage en mixte.

— 11Risques de redressement et conditions strictes

L'utilisation des droits d'auteur est légale et encouragée pour les vrais créateurs, mais elle est strictement surveillée par l'administration fiscale depuis la réforme 2023.

Utilisations légitimes

  • Vous créez effectivement des œuvres originales (au sens du Code de droit économique)
  • Vous respectez le plafond 30 % de la rémunération totale
  • Vous respectez le plafond annuel (77 220 € en 2026)
  • Le contrat de cession de droits est écrit, daté et signé
  • Vous documentez chaque œuvre créée (livrables, supports, exploitation commerciale)
  • Votre employeur tient un registre des œuvres et de leur exploitation

Situations à risque (abus)

  • Travail purement technique ou administratif déguisé en droits d'auteur
  • Part droits d'auteur supérieure à 30 % sans justification créative claire
  • 100 % de la rémunération en droits d'auteur (très suspect)
  • Absence de contrat de cession écrit
  • Absence de documentation des œuvres créées
  • Dépassement systématique du plafond annuel
  • Reconversion d'un salaire existant en droits d'auteur sans changement de prestation
Attention
En cas de contrôle

Le fisc peut requalifier vos droits d'auteur en salaire classique si le caractère créatif n'est pas démontré. Vous devrez alors payer la différence d'IPP + cotisations ONSS + intérêts (4 % par an) + éventuelles amendes (10 % à 200 %). Documentez toujours vos créations et ne dépassez jamais le plafond de 30 %.

— 12Comment ça apparaît sur la fiche de paie ?

La rémunération en droits d'auteur n'apparaît pas sur la fiche de paie classique. Elle est versée séparément, généralement par virement distinct, et fait l'objet d'une fiche fiscale 281.45 (revenus mobiliers) en fin d'année.

Documents à recevoir de votre employeur

  • Fiche de paie — partie salariale (brut, ONSS, précompte, net)
  • Fiche fiscale 281.45 — récapitulatif annuel des droits d'auteur perçus avec précompte mobilier déjà retenu (15 %)
  • Contrat de cession de droits patrimoniaux — daté, signé, listant les œuvres concernées
  • Liste des œuvres avec liens, références ou supports physiques (photos, manuscrits, builds)
Déclaration fiscale

Vos droits d'auteur sont à déclarer dans la case « Revenus mobiliers » (cadre VII) de votre déclaration fiscale annuelle. Le précompte de 15 % étant libératoire, vous n'avez généralement plus rien à payer après déclaration (sauf dépassement de plafond).

— 13Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rémunération en droits d'auteur ?+
La rémunération en droits d'auteur est une partie de votre revenu versée en contrepartie de la cession de droits patrimoniaux sur une œuvre originale (texte, design, photo, code original, musique, etc.). Elle est soumise à un précompte mobilier libératoire de 15 % (au lieu de l'IPP progressif et des cotisations ONSS), avec frais forfaitaires de 50 %/25 % par tranche.
Droits d'auteur 2026 : quelles conditions ?+
Depuis la réforme 2023 : (1) œuvre originale au sens du Code de droit économique, (2) cession formelle des droits via contrat écrit, (3) part droits d'auteur ≤ 30 % de la rémunération totale (régime de croisière applicable depuis les revenus 2025), (4) attestation du travail des arts « ordinaire » ou « plus » pour bénéficier des frais forfaitaires (depuis les revenus 2026), (5) plafond annuel de 77 220 €, (6) moyenne des revenus bruts de droits d'auteur des quatre périodes imposables antérieures ne dépassant pas non plus ce même plafond indexé.
Plafond droits d'auteur 2026 ?+
Le plafond annuel pour bénéficier du régime droits d'auteur en 2026 est de 77 220 € bruts. Au-delà, la part excédentaire bascule en revenus professionnels classiques. Un dépassement systématique peut entraîner la requalification complète.
Précompte libératoire droits d'auteur : c'est quoi ?+
Le précompte mobilier libératoire de 15 % est l'impôt prélevé à la source sur vos droits d'auteur (après application des frais forfaitaires). « Libératoire » signifie que ce précompte vous libère de toute autre imposition sur ces revenus : pas d'IPP supplémentaire à payer en fin d'année.
Droits d'auteur dans l'IT en 2026 : c'est rouvert ?+
Pas encore. Les programmes d'ordinateur sont exclus du régime depuis les revenus 2023, et la Cour constitutionnelle a validé cette exclusion le 16 mai 2024. Un projet de loi du 17 décembre 2025 prévoit leur réintégration à partir des revenus 2026, mais il n'est pas encore publié au Moniteur belge : tant que ce n'est pas fait, verser des droits d'auteur au titre du code expose à une requalification, avec rappel de précompte et de cotisations pour le travailleur comme pour l'employeur. Une fois le texte publié, l'avantage restera plus étroit qu'avant 2023, l'exonération ONSS n'étant pas rétablie pour les programmes d'ordinateur.
Comment ça apparaît sur la fiche de paie ?+
Les droits d'auteur n'apparaissent pas sur la fiche de paie classique. Ils sont versés séparément (souvent par virement distinct) et font l'objet d'une fiche fiscale 281.45 en fin d'année, qui récapitule les montants bruts perçus et le précompte mobilier de 15 % déjà retenu.
Combien je gagne en passant aux droits d'auteur ?+
Sur 1 000 € en droits d'auteur (1ère tranche, avec attestation), vous touchez 925 € net (vs ≈ 610 € pour 1 000 € en salaire classique), soit +52 %. Sur un mix annuel 60 k salaire + 20 k droits d'auteur, le gain net atteint ≈ +9 700 € par an avec attestation du travail des arts (≈ +8 200 € sans attestation) par rapport à 80 k de salaire pur.
Puis-je toucher 100 % de ma rémunération en droits d'auteur ?+
Non, depuis la réforme 2023, la part droits d'auteur ne peut excéder 30 % de la rémunération totale (régime de croisière applicable depuis les revenus 2025). Au-delà, l'administration peut requalifier l'ensemble en salaire classique avec rappel d'IPP, cotisations, intérêts et amendes.
Les droits d'auteur comptent-ils pour ma pension ?+
La part de droits d'auteur effectivement exonérée d'ONSS ne génère pas de droits à la pension légale. Mais l'exonération ONSS est conditionnelle : quand la rémunération reste soumise à l'ONSS, elle ouvre bien des droits sociaux. Ce sera le cas des programmes d'ordinateur, pour lesquels la réintégration annoncée ne porte que sur le volet fiscal. Dans le doute, conservez une part substantielle de salaire classique pour vos droits sociaux (pension, chômage, maladie, congés).
L'attestation du travail des arts est-elle obligatoire ?+
L'attestation n'est pas obligatoire pour recevoir des droits d'auteur, mais elle est nécessaire depuis les revenus 2026 pour bénéficier des frais forfaitaires (50 % puis 25 %), et seules les attestations « ordinaire » ou « plus » ouvrent ce droit — l'attestation « débutant » ne suffit pas. Sans attestation, vous payez le précompte de 15 % sur la totalité du montant. Avec attestation, vous économisez 75 € net par tranche de 1 000 € de droits d'auteur.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond annuel ?+
Si vous dépassez 77 220 € dans l'année, la part excédentaire bascule en revenus professionnels classiques (IPP progressif + cotisations). Un dépassement systématique peut entraîner la requalification complète de vos droits d'auteur en salaire, avec rappel d'impôts sur plusieurs années.

Sources officielles

  • SPF Finances — Régime fiscal des droits d'auteur (article 17, §1, 5° CIR 92)
  • Working in the Arts — Attestation du travail des arts
  • Loi-programme du 26 décembre 2022 — Réforme du régime droits d'auteur
  • Cour constitutionnelle, arrêt du 16 mai 2024 — Rejet des recours du secteur informatique contre l'exclusion des programmes d'ordinateur
  • Projet de loi du 17 décembre 2025 — Réintégration annoncée des programmes d'ordinateur, non publiée au Moniteur belge à ce jour
  • Code de droit économique, Livre XI — Définition de l'œuvre protégée

Données mises à jour pour l'année fiscale 2026. État du dossier IT arrêté au 11 août 2026 : cette page sera corrigée dès la publication du texte au Moniteur belge.

— 14Pour aller plus loin

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